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Archives pour la catégorie ‘Société’

Le tribunal sans pitié pour les gays de Sicap-Mbao : Les 9 « goorjigeen » récoltent 8 ans ferme, chacun

08/01/2009
Sous la couverture d’une association de «lutte contre le Sida », les 9 jeunes gens, âgés de 24 à 26 ans, étaient en réalité des homosexuels. Une dénonciation des voisins, a permis à la police de la localité de faire une descente sur les lieux indiqués, pour les surprendre en pleins ébats ; et de les cravater, avant de les livrer au procureur. Ce dernier avait requis 5 ans ferme, mais le tribunal ne l’a pas suivi ; ils ont ainsi été mis hors d’état de nuire, par une lourde peine de 8 ans, chacun. 

Sous la conduite du président de leur association de « lutte contre le Sida », un certain Diadji Diouf, les 9 jeunes gens étaient en fait des homosexuels. Qui, sous le couvert de ladite association, se livraient quotidiennement à leurs activités malsaines… L’association avait pour secrétaire général Alassane Ba ; et, comme membres, Ibrahima Wade, Oumar Guèye, Mohamed Sow, Alioune Sarr Mbay élève, Sémou Ndiaye, Cheikh Oumar Tall, Elhadji Absa Mbaye. Sous dénonciation anonyme, les prévenus ont tous été appréhendés par les éléments du commissariat de Sicap Mbao, le 21 décembre dernier, dans la chambre du président de l’association, en l’occurrence Diadji Diouf.

Conduits à ladite police, ils ont été déférés au parquet pour les délits d’actes contre-nature, et d’association de malfaiteurs. Après 15 jours en détention préventive, les gays ont comparu à la barre du tribunal des flagrants délits, le 6 janvier 2009. Afin de répondre aux questions des magistrats, sur les faits à eux reprochés. Interrogés, le président de l’association, Diadji Diouf, son secrétaire général et six autres membres sont tous passés aux aveux, à l’exception du jeune Aliou Sarr Mbaye, qui a nié toute appartenance à ladite association. Sur les circonstances de leur arrestation, Diadji Diouf dira que les policiers sont venus les trouver dans la chambre, ont procédé à une fouille, et découvert des préservatifs et des accessoires concernant le Sida. Le « président » Diouf avait, dans un premier temps, tenté de nier les faits. En vain. Car le magistrat a cité la déclaration d’un coprévenu, qui a avoué qu’il était en pleins ébats avec un membre de l’association au moment de l’intervention des flics. Ce qui a contraint Diadji Diouf à reconnaître les faits… Avant de philosopher sur les activités de son association. Interrogé sur son financement, le sieur Diouf dira recevoir de l’argent de la part de certains pays d’Europe comme la Suisse… Diadji Diouf d’ajouter qu’il voyage dans certains pays Arabes, notamment le Maroc… Ce, dans le cadre de ses activités de l’association. Ila aussi cité, au moins, cinq associations, ici au Sénégal, qui luttent pour la même cause. Le procureur, poursuivant son réquisitoire, laissera entendre que les prévenus sont poursuivis pour délits contre-nature, et association de malfaiteurs, en vue de commettre des crimes. « A l’interrogatoire, ils ont avoué leur appartenance à ladite association, à la barre également, ils ont confirmé les faits. Ce délit est puni par l’article 403 du code de procédure pénale. Les prévenus utilisaient l’Internet pour leurs éventuels contacts ; pour la répression, je requiers 5 ans ferme contre chacun d’eux », assénera-t-il. « Le délit d’homosexualité n’est pas réprimé par le droit sénégalais », dira Me Sadio Diaw, qui défendait les intérêts de Diadji Diouf et Alassane Ba, qui ont avoué les faits, même s’ils n’ont jamais été pris en flagrant délit. « Ces homosexuels sont malades ; il faut les aider à sortir de ce bourbier, et la prison n’est la meilleure solution ; je demande la relaxe », dira Me Diaw. Me Bassirou Ngom, qui assurait les intérêts de Sémou Ndiaye, a plaidé la clémence du tribunal, car son client n’a fait dans ce groupe que 3 mois. « C’est un élève, et son père paie 100.000 francs pour ses études. L’envoyer en prison, signifierait l’achever. Faites lui une application bienveillante de la loi », a-t-il supplié. Me Issa Diop expliquera au tribunal qu’il est le seul avocat dans le même coin que ces prévenus, qui ne sont âgés que de 24 à 26 ans. Me Diop de préciser que la lutte contre le Sida a deux volets, santé et économie. « Diadji a bien précisé que leur financement provenait de l’extérieur, notamment d’Europe, ce sont des gens qui reçoivent des milliards de pays d’Europe pour la lutte contre le Sida. Egalement, Diadj Diouf a bien dit qu’il voyage énormément, dans le cadre de son association, et qu’il n’est pas seul à avoir une telle association au Sénégal, il en a cité au moins cinq autres de même nature. Parmi les prévenus, certains ont confirmé leur homosexualité, comme le jeune Mohamed Sow, qui adit avoir été violé à 13 ans par son beau-frère. Quant à Aliou Sarr Mbaye, il ne cache pas son homosexualité. Je demande au tribunal de leur faire une application bienveillante de la loi », a plaidé Me Issa Diop. Birame Sassoum Sy a tenu le même son de cloche. Au délibéré, à la grande surprise de l’assistance, les gays ont été condamnés à une lourde peine de 8 ans ferme.

Société

RETRO 2008 : Une année à oublier

05/01/2009

On aimerait bien que 2009 ne soit pas une année aussi mouvementée que 2008. L’année agonisante a été en effet, celle de tous les échecs, d’une synphonie mal chantée, de terribles moments inédits dans la marche du pays.
Source : Le Matin

2008 est en agonie. L’année a été celle des mauvaises nouvelles, des espoirs déçus, de hausse des prix, de la baisse des bourses, d’une gouvernance approximative. D’un mal-vivre sans commune mesure. 2008 se meurt et aucun Sénégalais certainement ne va la pleurer. Au contraire, on veut l’oublier à jamais, l’enterrer avec ses maladies inguérissables qui la hantent et la rongent. Les plus osés parleraient d’euthanasie. Dans le sens que cette opération est décrite comme une pratique visant à provoquer la mort d’un individu atteint d’une maladie incurable qui lui inflige des souffrances morales et/ou physiques intolérables.

2008 au Sénégal, c’était la misère au grand jour, un stress qui va crescendo. Au village, la pluie était au rendez-vous, les récoltes sont bonnes. Les Gouvernants s’en approprient opportunément, bruyamment avec la Grande Offensive pour l’Agriculture et l’abondance (Goana). Tout est fait sauf l’essentiel car aujourd’hui encore, les produits des paysans ne sont pas achetés. La campagne de commercialisation de l’arachide tarde à démarrer en dépit de la modique somme proposée à des paysans déboussolés. Goana a été beaucoup plus une vaste campagne de communication, qu’une politique agricole bien pensée. L’autosuffisance alimentaire qui était son objectif, risque d’être une utopie.

En ville, les inondations ont encore fait cette année des malheureux. Jaxaay n’a pu empêcher aux populations de la banlieue de patauger. L’évaluation sérieuse de cette initiative du président de la République, n’est pas encore faite. L’on parle de milliards de Fcfa engloutis dans les eaux, au même moment des habitants ont déjà passé des années dans cet enfer. Et ce n’est pas demain la veille de leur soulagement. Toujours en ville, les populations désemparées, ont pris le goût amer de revendiquer violemment dans les rues leur amertume. En 2008, il y a eu des “émeutes de l’eau”. La société chargée de la distribution de ce liquide précieux a vite pris les devants pour éviter l’irréparable. Les “émeutes de l’électricité” ont fait désordre. Des saccages des sièges de la Senelec, ont été notés. La furie spontanée des jeunes manifestants a laissé des images terribles qui rappellent horriblement celles des pays en proie à des perturbations graves.

Fait inédit : des imams de Guédiawaye sont entrés dans cette brèche. Décidément 2008 a été électrique. Il y a eu de molles réponses de l’État. Comme le limogeage du Directeur général de la Senelec. Une goutte d’eau dans la mer, si l’on sait que le mal est trop profond car la politique énergétique dans son ensemble, a besoin d’une cure pour sortir de l’ornière. D’autres réponses sont attendues pour calmer les frustrations mal contenues. Ce qui s’est passé à Kédougou, avec deux morts, illustre, le pilotage à vue du pouvoir qui n’a pas pu prévenir de tels dégâts.

Ce qui s’est passé avec le pèlerinage de cette année est aussi ahurissant. On a frôlé la mort à haut vol. L’alarme a été sonnée depuis longtemps. Les autorités se sont entêtées pour imposer Zam-Zam qui n’est point symbole de bénédiction. Aujourd’hui, avec leur échec cuisant, le ministre de tutelle devait prendre ses responsabilités et démissionner. On ne l’espère pas. A moins que 2009 nous apporte un démenti brillant.

Société

Emeutes de Kédougou : Nouvelle vision africaine demande le départ de Cheikh Tidiane Sy

04/01/2009
Le procès des jeunes renvoyé au 9 janvier

Que Cheikh Tidiane Sy quitte la Place Washington. C’est l’exigence posée par le mouvement Nouvelle vision africaine (Nva), qui regroupe des Sénégalais de la Diaspora basés aux Etats-Unis. Ces derniers, sous la conduite de Bocar Moussa Bâ, invitent aussi le chef de l’Etat à se ressaisir et à prendre en compte les préoccupations des Sénégalais.

La révolte des jeunes Kédoviens, violemment réprimée par les forces de l’ordre jusqu’à causer un mort, continue de soulever des indignations. La dernière en date est à mettre sur le compte de Nouvelle vision africaine (Nva), un mouvement de Sénégalais de la Diaspora basés aux Etats-Unis qui, à travers une déclaration parvenue au journal Le Quotidien, est «surprise et bouleversée par les évènements survenus à Kédougou.» Bocar Moussa Bâ et ses camarades exigent ainsi du président de la République «la démission du ministre de l’Intérieur dont le mépris envers les Sénégalais est désormais manifeste.» Au-delà de cette exigence, cette organisation demande «que toute la lumière soit faite sur (les) dérives du régime libéral à l’endroit des manifestants ayant entraîné la mort de jeunes gens et l’arrêt de toute forme de représailles à l’encontre de la population de Kédougou.» Pour elle, ces violations des droits humains sont «inopportunes et inacceptables.»

Dans sa déclaration, Nva affirme que les populations sénégalaises «ont parfaitement le droit de montrer, de manière pacifique, leur désarroi et leur angoisse face à des lendemains incertains.» D’autant plus que cela est prévu par la Constitution, même si celle-ci est «vidée de son sang».
Sur les revendications des jeunes Kédoviens, Nva estime que «quoi de plus normal pour ces jeunes qui ne réclamaient rien d’autre qu’un partage juste et équitable des ressources de leur terroir et de leur incidence sur la vie économique et sociale de la région et même du pays.»

Bocar Moussa Bâ et Cie de constater que les évènements de Kédougou viennent s’ajouter à «la liste déjà longue de manifestations violemment réprimées telles que celles des marchands ambulants, des élèves, des enseignants, des frustrés de la banlieue, des Imams, des femmes, des journalistes, des travailleurs de la Santé, du Front Siggil Senegaal ou encore les nombreuses marches de protestation et d’indignation organisées par la diaspora aux Etats-Unis et en Europe». En réalité, estiment-ils, ces marches traduisent très clairement l’expression de la frustration du peuple sénégalais. «La diaspora sénégalaise et Nva lancent un appel au Président Abdoulaye Wade pour qu’il se ressaisisse avant qu’il ne soit trop tard et qu’il prenne en compte les préoccupations urgentes des populations», lit-on encore.

Société